En ce beau début d’année 1932, une majorité des élèves du Collège Notre-Dame est venue poser fièrement pour un frère de Sainte-Croix, éducateur et photographe de circonstance. Au centre de cette photographie, la gigantesque glissoire hivernale, devenue une tradition annuelle depuis le début du XXe siècle, tradition qui perdurera jusqu’à la fin des années 1940, alors qu’elle devra éventuellement céder la place à des projets de construction beaucoup plus ambitieux (le centre sportif actuel y sera érigé à partir de 1959).
Mais pour l’instant, l’ensemble du personnel et des élèves célèbre avec joie l’existence de cette glissoire, trônant au milieu des grands espaces naturels, face à l’Oratoire Saint-Joseph en cours de finition, aux abords du chemin Queen Mary. En arrière plan, la bâtisse constituant aujourd’hui la partie centrale du Collège Notre-Dame (dont les trois grandes sections ont été respectivement construites en 1881, 1889 et 1929).
Cet espace naturel (les jardins étaient le lieu des cours de sciences naturelles le printemps venu) est si vaste que la glissade se poursuit à l’époque très loin vers l’Ouest. Les pilotes de traînes sauvages savourent en fait une descente qui les mène jusqu’à la rue Victoria. Au cours de leur récréation, les élèves doivent d’ailleurs se contenter d’une seule glissade : le temps de faire la file devant la très populaire activité, de chevaucher leur bolide tout au long de la pente descendante, puis de revenir à pied à travers les pistes enneigées, et voilà la cloche qui retentit !
La gigantesque montagne de neige et de glace s’appuie sur une forte armature de bois, que les frères entretiennent et consolident l’été venu, à la demande générale. L’activité est en fait si populaire chez les jeunes pensionnaires qu’un « club des glisseurs les plus acharnés » voit le jour dès les années 1900, comme on peut le constater au sein des palmarès de fin d’année, recensant l’ensemble des prix décernés au Collège.
Les temps ont bien changé ! Une telle pratique serait aujourd’hui plus difficilement envisageable pour une institution d’enseignement. Elle devrait à tout le moins être minutieusement encadrée… Les compagnies d’assurance sont en effet devenues fort tatillonnes : pour de simples activités extérieures, on exige aujourd’hui un encadrement strict, le port de casques protecteurs et autres attributs de même type… On peut voir qu’à l’époque, chaque élève se lançait à toute allure dans l’aventure, avec comme tout équipement son habit le plus ordinaire !
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Pour indiquer la source de cette image
Glissoire hivernale, 1932. Fonds du Collège Notre-Dame, Service des archives du Collège Notre-Dame.
Pour citer ce document d’archives
Nicolas Bednarz, « Le Club des glisseurs les plus acharnés », Archives Coups de cœur (024), Site de la Déclaration québécoise sur les archives, Archives au présent, http://www.archivistes.qc.ca/spip/-Archives-au-present-.html
Pour visiter le site Internet de l’institution d’où provient ce document d’archives
http://www.collegenotre-dame.qc.ca/
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